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  • Rédaction AO

SAINT-MICHEL : REPENSER LE QUARTIER

C'est un point presse un peu particulier qu'aura tenu le maire d'Arras - Frédéric Leturque - ce 20 septembre dernier puisque le rendez-vous a pris place, cette fois, "Au Cheval Blanc", bar tabac de la résidence Saint-Michel. Il y a toujours une symbolique derrière les lieux de ces rencontres entre la mairie et la presse locale et si celle-ci s'est tenue dans l'ambiance d'un bistrot de quartier c'était avant tout pour évoquer les projets de la municipalité pour ce secteur particulier de la ville qu'est Saint-Michel. Un quartier dont le visage a bien changé en 40 ans


Le quartier Saint Michel est sorti de terre en 1973, à quelques mètres seulement de la Grand' Place. C'était une idée architecturale très tendance de l'époque : Une sorte de gros village dans la ville et où les habitants pouvaient presque vivre en vase clos, à l'instar d'autres projets expérimentaux du même type comme La Villeneuve à Grenoble. Fromagerie, maison de la presse, ... Une galerie marchande parcourait alors le coeur de l'îlot afin que l'on trouve sur place tout ce dont on pouvait avoir besoin, presque sur son pas de porte ! Plutôt prisé à l'origine, le quartier Saint Michel avait des atours séduisants et proposait un cadre quasi idyllique sur fond de mixité sociale. Les années ont passées, la population a changé, la plupart des commerces ont doucement déserté le secteur et le doux rêve des années soixante dix s'est transformé en utopie. Saint-Michel est devenu l'un des quartiers les plus en détresse d'Arras avec un taux de chômage particulièrement élevé et un revenu médian de mille euros seulement par famille. Du côté du commerce seuls la pharmacie, un traiteur et "Le Cheval Blanc" ont résistés. -"Il faut réconforter le quartier" Le maire estime que la problèmatique de Saint Michel n'est pas qu'urbaine mais qu'elle est avant tout humaine. -"Il ne suffit pas simplement de le rénover, il faut redonner une âme à ce quartier, le valoriser, le réconforter, apporter un ensemble de services et ce doit être le fruit d'un travail collectif" assure t'il. Mais la difficulté réside aussi dans la grande diversité des habitants du quartier. -"Environ 430 logements cela donne environ 430 situations différentes" et il est très difficile d'éviter des enfermements même si une convention a été signée avec La Poste en vue que les factrices et facteurs puissent détecter d'éventuels problèmes de solitude, notamment du côté des personnes âgées.


Le quartier Saint Michel à Arras

Quels moyens pour inverser la tendance ? Les problèmatiques du quartier Saint-Michel sont si variées que la mairie seule ne pourra pas faire grand chose pour changer la situation. De nombreux acteurs sont cependant déjà impliqués dont Pas-de-Calais Habitât qui est en charge de la partie urbaine des lieux, les enseignants des écoles Brassens et Anatole France qui jouent un rôle de premier ordre sur la jeunesse du quartier, des associations, le centre social... Le maire entend bien jouer son rôle et évoque ses projets : Conforter la "Maison des parents", créer une "Maison pour la jeunesse" dans le prolongement du Parc des Rosati, "ouvrir" l'angle des rues Bodel et Michonneau pour mieux intégrer Saint-Michel dans le reste de la ville, penser la consolidation du rôle de l'école dans le quartier, envisager le renouvellement urbain de cette zone sujète à une "étude urbaine et sociale" depuis plus de deux ans. Quarante ans de glissades... Un quartier comme Saint-Michel ne devient pas "problématique" du jour au lendemain et l'alchimie de la "mixité sociale" reste souvent très difficile à maîtriser. Pensés à l'origine pour être de véritables petits paradis, des îlots de bien-être, ce type d'ensembles urbains nés dans les années soixante et soixante-dix sont généralement devenus des sortes de cloîtres où la misère finit parfois par ne plus cotoyer que la misère. Une bêtise architecturale ? Une utopie post soixante-huitarde ? Saint-Michel bénéficie toutefois d'un atout majeur car le quartier est resté un ensemble "à taille humaine" et ne compte environ que 1000 habitants contre environ 6000 pour des quartiers bien plus difficiles comme celui de La Villeneuve à Grenoble. Parmi sa population, beaucoup sont de fervents défenseurs du quartier et se battent au quotidien tant au niveau individuel qu'associatif pour qu'il ne perde pas son âme. La situation, si elle peut être difficile, semble donc plus "maîtrisable" et pouvoir s'améliorer si la mairie parvient comme elle l'espère a faciliter la vie des habitants du quartier et a encourager une bonne évolution de sa jeunesse. Seul bémol, et pas des moindres : Tant que le marché de l'emploi restera fragile comme il l'est aujourd'hui et que le taux de chômage restera aussi élevé à Saint-Michel il pourra s'avérer très difficile de sortir totalement le quartier de l'ornière après quarante années de glissades.

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