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PAS DE RÉFORME DE LA RÉFORME ?

ARRAS PRÉCURSEUR La réforme des rythmes scolaires avait fait couler beaucoup d'encre à Arras comme partout ailleurs d'autant que la capitale Atrébate s'était de suite posée en précurseur en figurant parmi les premières communes de France à être prêtes dès la rentrée 2013. Le maire d'Arras - Frédéric Leturque - a toujours évoqué la priorité qu'il donnait à l'enfance et à l'éducation et avait très tôt montré son approbation de la réforme Peillon. L'investissement financier, humain et matériel qui en découlera fût d'ailleurs une prise de risque politique non négligeable à moins d'un an des municipales. UN DÉMARRAGE DIFFICILE

Parfois très contestée tant par certains parents que par certains enseignants, la réforme aura mis plusieurs mois pour s'imposer, faire que chacun puisse trouver ses repères et pour que la mairie puisse traiter certains inévitables "couacs" de démarrage. Evelyne Beaumont - adjointe à l'éducation de la ville d'Arras (photo ci-contre) - avait d'ailleurs accepté sans hésiter de répondre à notre grande enquête sur le sujet et avait fait face à toutes nos questions, même les plus "franches", pour tenter de lever les craintes et questions qui pouvaient subsister sur la mise en place de la réforme. Au terme de cette première année des rythmes scolaires "version Peillon" chacun semble finalement s'être adapté bon gré mal gré et les grandes contestations du début se sont clairement estompées. Le calme semblait donc revenu mais c'était sans compter sur l'arrivé d'un nouveau ministre de l'éducation en la personne de Benoît Hamon. ON REPREND TOUT ET ON RECOMMENCE ? En proposant "d'assouplir" la réforme des rythmes scolaires le nouveau ministre de l'éducation nationale souhaite t'il balayer d'un revers de main les grandes théories des chronobiologistes sur l'organisation idéale du temps de travail de nos chères têtes blondes ou souhaite t'il simplement aider certaines communes plus modestes en leur proposant de regrouper les activités périscolaire sur un après-midi ? Quoi qu'il en soit les dernières annonces émanant du ministère semblent faire monter l'inquiétude parmi les maires qui ont décidé de "jouer le jeu" les premiers, le maire d'Arras en tête. FRÉDÉRIC LETURQUE SORT BEC ET ONGLES Frédéric Leturque, semble préférer prendre les devants et invite par un courrier - alors que rien ne semble encore véritablement fixé - Benoît Hamon, les parlementaires et "l’ensemble des responsables politiques français à se dépasser et à se rassembler autour de l’Education, urgence de notre République".


Après avoir rappelé que la ville d'Arras s'était de suite positionnée "au-delà des évidentes contraintes financières et organisationnelles, au-delà des classiques considérations politiciennes" pour appliquer la réforme Peillon dès 2013 le Maire pécisera : "Certes des réalités locales, pour des petites villes et villages, imposent des réflexions et des ajustements afin de faciliter la mise en œuvre de la réforme dans la mesure des moyens à la disposition des collectivités, certes la problématique des financements, particulièrement dans le contexte actuel de réduction des dotations de l’Etat aux collectivités locales, doit être prise au sérieux, certes l’expertise des équipes enseignantes doit être considérée, certes les ressentis des parents et des familles peuvent être entendus. Pour autant, ils ne doivent pas guider ou influencer de manière primaire les choix nécessaires à l’organisation des temps éducatifs" Monsieur le maire ne sera par ailleurs pas tendre avec ceux qui souhaitent l'abrogation ou le recul de la réforme en considérant qu'ils ont une vision "monolithique et caricaturale" de la chose et les dénonçant en proie à "des frustrations ou exigences corporatistes" tout en précisant que "La réforme des rythmes scolaires est devenue un symbole politique, défendue par les uns pour de mauvais principes, chahutée par les autres pour de mauvaises raisons". Frédéric Leturque concluera sa missive aux responsables politique par un appel au rassemblement "Cessons de nous diviser et de nous disperser dans des effets d’annonces, des débats de principe et des discussions de détails sur l’organisation des rythmes scolaires. Recentrons-nous sur l’essentiel, laissons les étiquettes au vestiaire, remettons l’apprentissage et l’élève au cœur de la réflexion. Pour justifier une unité nationale aux yeux des français, l’ambition qu’elle porte doit être claire, honnête et ne souffrir aucune discussion. La réussite éducative en est une". La réforme des rythmes scolaires reste donc un sujet très sensible qui divise à peu près tous les acteurs concernés en partant des politiques jusqu'aux parents en passant par les enseignants. Du côté des maires subsistent aussi des divergeances entre ceux qui ont de suite décidé de s'adapter à la réforme, ceux qui vont l'appliquer en 2014 en traînant un peu les pieds et ceux qui affirment vouloir se mettre "hors la loi" dès septembre prochain en ne l'appliquant pas.

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