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  • Rédaction AO

CA GLISSE POUR LUI !


Nos commerçants Arrageois ont du talent, la preuve avec cet artisan atypique, le savonnier Philippe Degroote situé rue de la Taillerie (entre les deux places).


Phillippe Degroote est le seul savonnier d’Arras, et même probablement de la région. Avec la grande distribution, c’est un métier qui a presque disparu. Et pourtant, M. Degroote n’utilise ni paraben, ni formaldéhyde… Rencontre avers un artisan peu commun !


Arras-Online > Comment l’idée de devenir artisan vous est-elle venue ?


Philippe Degroote > En fait, il y a quelques années, je travaillais en entreprise. J’étais cadre commercial, et je gagnais l’un des plus gros salaires. Et un beau jour, j’ai reçu un courrier recommandé pour m’annoncer que j’étais viré. C’était une sacrée surprise… Je n’ai su que plus tard que mon patron voulait m’attaquer en justice pour des raisons fallacieuses, c’est un procès qu’il a d’ailleurs perdu. Bref, fils d’agriculteur, je savais utiliser mes mains et avais un certain gout pour l’indépendance. J’ai donc décidé de devenir artisan à 45 ans .


Arras-Online > Et donc, pourquoi le savon ?


Philippe Degroote > C’est le premier truc qu’on m’a proposé ! (rires) Non je plaisante, en fait j’ai passé des annonces pour reprendre un commerce, et on m’a proposé de visiter l’atelier de savon de Moustier Sainte Marie, dans les Alpes du Sud. Le savonnier m’a laissé assister à la fabrication du produit, ce qu’il n’avait jamais accepté en 15 ans. Ca m’a fasciné, et j’ai vu ça comme un signe, même si je n’avais pas les moyens de racheter leur enseigne. J’ai investi, et j’ai créé mon propre atelier. A Arras, personne n’y croyait. Et pourtant, 15 ans après, je suis toujours là…


Arras-Online > Félicitations ! Alors... A quoi vous attribueriez le succès de cette entreprise ?


Philippe Degroote > Il n’ y a pas de secret, du travail et de la volonté ! J’ai passé les 5 premières années à enchainer les salons pour me faire connaître. Je ne me souviens pas avoir pris un seul jour de repos à ce moment là. J’ai aussi développé un concept qui n’existait pas dans le secteur, la traçabilité du produit. Grace aux petites lettres sur la tranche des savonnettes et aux données de mon ordinateur, je peux retracer la composition du savon et même la date de fabrication du lot… C’est cet aspect que les gens apprécient. En plus ça créé de la proximité et de l’humanité, ce qui a tendance à disparaitre aujourd’hui avec les grandes surfaces qui placent le chiffre d’affaire avant tout. Et puis évidemment, j’ai eu droit à un coup de pouce du destin, ça peut paraitre bête mais j’y crois…


Arras-Online > C’est le karma quelque part…


Philippe Degroote > Exactement. On n’y croit plus tellement aujourd’hui, mais l’honnêteté paye. Chaque fois que j’ai eu un souci financier depuis que je suis ici, il s’est résolu par lui-même. J’ai aussi participé à la création de pas mal d’instituts pour initier au métier, notamment les personnes handicapées. Il y a des centres à Lomme, à Compiègne…



Arras-Online > Votre clientèle est-elle faite d’habitués ou de touristes ?


Philippe Degroote > Principalement des habitués. En général, les gens du coin qui passent ici sont satisfaits et reviennent. Ils voient bien que les produits sont de qualité. Certains m’affirment même avoir guéri leurs problèmes de peau avec ce savon. Ce qui n’est pas étonnant, beaucoup de fabricants mettent du poison dans leurs gels douche… Sinon, j’avais beaucoup de clients anglais résidant sur Arras à une époque. J’ai même encore une caisse en livres sterling. Mais depuis que leur monnaie a chuté, ils sont tous partis.



Arras-Online > Et le produit qui séduit le plus ?


Philippe Degroote > La moitié de mon chiffre d’affaire provient du savon que je fabrique. Je vends à peu près 20 000 savonnettes par an. Le reste, ce sont des articles de toilette, des gels douche, des sels de bain… Choisis par mes soins, bien sur. J’organise aussi des visites de mon atelier, mais depuis les réductions de budget des écoles et centres aérés, c’est de plus en plus rare.


Arras-Online > Dernière question : quand souhaiteriez-vous arrêter votre activité ?


Philippe Degroote > Dans six mois, c’est la retraite ! Je fermerai la boutique je pense, en espérant que quelqu’un la reprenne… En tout cas, je n’ai jamais été aussi heureux que depuis ma reconversion, même si je gagne beaucoup moins qu’avant. Voila mon enseignement : quelque soit votre âge, si miraculeusement vous trouvez votre voie, foncez tête baissée et surtout ne vous arrêtez pas !


Retrouvez M. Degroote au 30 rue de la Taillerie entre les 2 places,

et sur le site http://www.ausavonnier.com/

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